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L'Art de Nicolas Economou
Vol. 4 - Rachmaninoff

Serge RACHMANINOFF (1873 - 1943)
1 Rhapsodie sur un thème de Paganini, opus 43
Nicolas Economou
ORF - Sinfonieorchester,
direction : Miltiades Caridis

Danses Symphoniques, opus 45
2 Non Allegro
3 Andante con moto (Tempo di valse)
4 Lento assai - Allegro vivace
Martha Argerich, piano I,
Nicolas Economou, piano II

DDD - Time : 55’58”6''

Extrait du livret
…par Baudime Jam

Un romantique au XXe siècle: puissance et nostalgie.
Pour ce quatrième volume de l’hommage qui lui est rendu, Nicolas Economou nous fait partager, avec la complicité de l’orchestre O.R.F. et de Martha Argerich, sa lecture personnelle d’un des plus grands maîtres du piano du XXe siècle.Les deux œuvres présentées sur ce disque dans l’interprétation qu’en a donné Nicolas Economou, appartiennent à la période américaine de Rachmaninoff : elles sont donc parmi les dernières de son catalogue et constituent, à ce titre, les legs ultimes d’un des derniers représentants de l’héritage romantique - des legs nostalgiques, mais non dénués de puissance.
La Rhapsodie sur un thème de Paganini opus 43 date de 1934 : elle fut créée par l’auteur à Baltimore sous la direction de Leopold Stokowski qui avait déjà dirigé les premières de son Quatrième Concerto (1927), et de sa Troisième Symphonie (1936). Cette partition est sa dernière œuvre concertante avec piano et une de ses plus belles réussites, avec les Deuxième et Troisième Concertos.
Cette pièce se présente sous la forme d’une série de variations, (24 au total), sur le 24e Caprice de Paganini, s’inscrivant ainsi dans une longue tradition du XIXe siècle qui passe notamment par Brahms, Chopin, Liszt et Schumann.
Les Danses symphoniques font appel à un orchestre symphonique considérable, notamment au pupitre des percussions ; elle est enregistrée, ici, dans la transcription pour deux pianos qu’en réalisa lui-même le compositeur.

Nicolas Economou

La carrière de Nicolas Economou fut accidentellement interrompue en 1993 alors qu’il n’avait que quarante ans. Reconnu par la grande Martha Argerich avec laquelle il enregistra des extraits de Casse-Noisette pour deux pianos chez Deutsche Grammophon, et par le pianiste brésilien Nelson Freire comme l’un des interprètes les plus doués de sa génération, il occupe une place tout à fait originale dans le monde du clavier de cette fin du XXe siècle.
Chypriote, né à Nicosie, il affirme dès l’âge de cinq ans et demi des aptitudes exceptionnelles qui le conduiront sur le devant de la scène. Après des études à l’Académie Musicale grecque de Nicosie auprès de George Arvanitakis, un premier prix à onze ans au concours Panhellenique il entre à l’Ecole Centrale du Conservatoire de musique Tchaïkovsky de Moscou dans la classe de Nina Emilianova puis à seize ans, au Conservatoire du même nom. Installé en Allemagne en 1972, il donne des concerts dans le monde entier où son talent protéïforme est acclamé. Il est amené à enregistrer en 1991 pour Deutsche Grammophon les Kreisleriana de Schumann et les Tableaux d’une Exposition de Moussorsky. Il donne de ces pages une vision possédée par le feu intérieure et captivante de sensibilité. La critique ne tarit pas d’éloges à l’issue de ses apparitions en public qui ne laissent jamais indifférent. Soliste au tempérament de braise, volcanique, engagé dans ses choix interprétatifs, il sait apporter par l’originalité de sa conception et la luminosité de son timbre, un éclairage particulier et toujours intéressant ,voire surprenant, sur les œuvres qu’il défend avec une autorité sans faille.
Son répertoire est d’une grande diversité et concerne tout autant Bach, Mozart, Chopin, Schumann, Liszt - il excelle dans la Sonate en si mineur ou la Mephisto Valse - que Tchaïkovsky, Rachmaninov, Scriabine et Prokofiev.
Après un concert donné en France à La Roque d’Anthéron, on pouvait lire dans le Méridional de Marseille sous la plume d’Eric de Gaudemar que “Economou était la plus extraordinaire personnalité découverte à La Roque au cours des cinq dernières années. Ce fait justifiait à lui seul l’existence du Festival”.
Homme attachant, chaleureux, il n’a jamais ménagé sa générosité et a multiplié les expériences musicales les plus variées. En 199O par exemple, il participe au tournage d’un film pour la télévision suisse de Zurich où il improvise au piano pendant que danse l’étoile du Bolchoï Maya Plisetskaya. Chef d’orchestre il dirige l’Orchestre de chambre de Moscou et fonde l’Ensemble des solistes de Munich. Organisateur du Festival d’été de piano de Munich, peu de temps avant sa mort, il collabore en tant que directeur artistique au Festival de musique “Pianisti non Solo” à Venise où il tient également le rôle de pianiste et chef d’orchestre.
Compositeur reconnu, il a écrit pour le ballet, le piano et l’orchestre mais aussi pour le cinéma qui le sollicitera à sept reprises. Il est d’ailleurs invité en 1988 et 1990 par l’Union des Compositeurs d’URSS à participer à une Conférence Mondiale respectivement à Moscou et à Saint-Petersbourg.
Sa disparition précoce a laissé un vide immense que modestement, ses admirateurs et amis essaient aujourd’hui de combler en rendant hommage à l’immensité de son talent.
Michel Le Naour

 

Extraits de presse :

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