L'Art de Nicolas Economou
Vol. 2 - Schumann
Robert SCHUMANN (1810 - 1856)
Kreisleriana, opus 16
1 Äußerst bewegt
2 Sehr innig und nicht zu rasch
3 Sehr aufgeregt
4 Sehr langsam
5 Sehr lebhaft
6 Sehr langsam
7 Sehr rasch
8 Schnell und spielend
Phantasie, opus 17
9 1. Durchaus phantastisch und
leidenschaftlich vorzutragen
10 2. Mäßig. Durchaus
energisch
11 3. Langsam getragen. Durchweg
leise zu halten
DDD - Time : 62'56''
Extrait du livret
…par Michel Le Naour
Nicolas Economou : L’éloge du piano Schumannien
Le second volume de l'hommage rendu au pianiste Nicolas Economou (1953-1993)
est encore consacré au grand répertoire du piano romantique
en associant deux pages majeures de Robert Schumann, les Kreisleriana
op.16 et la Fantaisie op.17 qui datent toutes deux des années
1836-1837, décisives dans la vie du compositeur.
Robert Schumann, traverse en effet une crise affective provoquée
par Friedrich Wieck, le père de sa bien-aimée qui contrarie
son amour. Il ne pourra épouser Clara que trois ans plus tard
après bien des vicissitudes. La mort de sa mère Christina
qui l'avait sensibilisé très jeune à la musique
et à la poésie le trouble davantage encore.
De cette époque de souffrance et de doutes intérieurs
naîtront quelques unes des plus grandes œuvres de la littérature
pianistique.
Les Kreisleriana, en référence au maître de chapelle
Kreisler personnage étrange créé par le romancier
E.T.A Hoffmann est une traduction musicale des émotions que
Schumann éprouve à la lecture du roman "Le Chat
Murr" (1822). Pendant son adolescence, il a en effet hésité
longtemps entre musique et poésie, entre Bach, Mozart, Beethoven
et le poète Jean-Paul Richter. Romantique par excellence, il
ne cherche en aucun cas la pure transcription programmatique mais
plutôt "l'écho d'un autre monde, le soupir d'un
ange qui réside en nous lorsque la parole est sans puissance,
lorsque tous les sentiments sont muets dans nos cœurs" (Schumann).
En fait, il s'identifie au personnage de Kreisler dont la folie l'attire
comme en prémonition de son propre destin.
Les Kreisleriana sont des pages hantées par la fièvre,
l'agitation intérieure, le cauchemar, le funambulisme et l'instabilité
inhérents à sa nature tels ces paysages mystérieux,
angoissés et poétiques des tableaux de Caspar David
Friedrich. Ainsi qu'il le dit lui-même "dans certaines
pages, il y a un amour presque sauvage". La succession de huit
pièces écrites en quatre jours dans une effervescence
fébrile possède pourtant une cohérence que la
référence à Chopin qu'il vient de rencontrer
et auquel l'œuvre est dédiée peut expliquer. A
l'image du maître polonais, Schumann dans les Kreisleriana alterne
judicieusement les tonalités, les tempis, les oppositions de
couleurs au sein d'un discours sans cesse en expansion. Sous-titrées
"Phantasie", c'est-a-dire en allemand une divagation rêveuse
et libre, les Kreisleriana expriment cette confession psychique d'un
musicien déchiré par les combats livrés au nom
de sa fiancée.
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